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Reportage : La ferme ETC BIO ENERGIE en Zambie

 

M. GRANDRY François a eu l'occasion de visiter la ferme zambienne ETC BIO ENERGIE qui exploite 10 000 ha dans la province du Copperbelt, à 310 km au nord de la capitale Lusaka. Cette visisite est intervenue le 30 mars 2011 en compagnie de 2 agronomes de Phatisa, la société sud africaine gestionnaire du Fonds Agricole pour l'Afrique (AAF) et du Directeur de production de la ferme. Cette exploitation, crée en 1978 à l'initiative de la banque de développement britanique CDC et du gouvernement zambien est implantée à proximité du fleuve Kafue. Le climat tropicale humide, avec une pluviométrie de 1 200 mm/an, tempéré par une altitude de 1 200 m, permet 2 cultures par an.

Cette ferme, qui s'étend sur un territoire de 45 000 ha et sur près de 68 km d'est en ouest, comprend 10 600 ha de terre arable cultivés dont 3 184 ha équipés depivots. Les principales productions sont le soja et le maïs grain en saison chaude, sur respectivement 5 400 ha et 2 900 ha et le blé et l'orge en saison fraiche. Pour le soja et le maïs, les rendements sont en moyenne de 3,8 t/ha et 12,7 t/ha en irrigué et de 3 et 10 t/ha sous pluies. En culture irriguée, entre la culture de saison chaude et celle de saison fraïche, une troisième culture à cycle court est également pratiquée sur une partie de la surface. Ces cultures sont du haricot sur 360 ha et du crotalia juncea, une légumineuse faisant office d'engrais vert, sur 400 ha. La riziculture, à raison d'une culture par an, couvre également 730 ha avec des rendements faibles de l'ordre de 4 t/ha. Du Jatropha, un bio-carburant qui remplace le gasoil, est également cultivé sur 2 000 ha.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au niveau énergétique, l'exploitation est reliée au réseau électrique nationale, ce qui permet de bénéficier d'une énergie moins couteuse (0,12 à 0,15 US $/kWh) que le gasoil pour l'irrigation. Bien que l'huile de jatropha cultivé sous pluie revient à 0,85 US $/l, les tracteurs et moissonneuses batteuses fonctionnent au gasoil (1,65 US $/l), car l'huile de jatropha encrasse les pompes d'injection et entraine des pannes sur les moteurs. Comme pour toute l'afrique sub-saharienne, le gasoil riche en soufre, parfois chargé d'eau et pas toujours livré très propre, pause également problème avec les moteurs de nouvelles générations. Seuls les moteurs tiers 1 et tiers 2 supportent ce carburant. Le matériel utilisé provient essentiellement des USA, en particulier les tracteurs et moissonneuses John Deere et Case. Tous les outils sont d'une largeur multiple de 9 m : 9 m pour le semis et la récolte, 27 m pour les épandages d'engrais et les traitements phytosanitaires. Le semis direct pour la culture du soja et le strip-till pour le maïs sont pratiqués sur une partie de l'exploitation. Le travail du sol est maintenue sur une autre parite, afin de limiter les risques d'incendie, toujours possibles lorsque les résidus de cultures sont importants.

La ressource en eau est assurée par la rivière Kafue, qui est régulée par plusieurs barrages, et par des forages dans la nappe phréatique, située selon les zones et les périodes de l'année entre quelques mètres et 60 m de profondeur. Des canaux recouvert d'un liner en plastique, bordés chaqu'un d'une piste et d'une ligne électrique moyenne tension, déservent des stations de pompage électrique qui alimentent en eau sous pression les pivots de 60 à 120 ha, de marque Valley notemment. La pluviométrie des pivots est comprise entre 6,5 et 7,5 mm/jour, alors que dans la vallée du Sénégal, le climat impose des pivots plus petits assurant une pluviométrie de 10 à 11 mm/jour. La saison chaude étant pluvieuse, une irrigation de 55 à 60 mm en début de cycle est généralement suffisante pour le soja et le maïs. Le blé et l'orge nécessitent une irrigation continue durant toute la saison fraiche, totalisant un apport de 600 à 700 mm. La redevance pour l'eau revient à 5 ou 6 $/ha. Les sols limoneux (16 à 20 % d'argile) sur la partie ouest de l'exploitation à limono-argileux (32 à 36 % d'argil) à l'est, sont relativement riches en matière organique.

La société est gérée par 9 expatriés britaniques, à savoir un Directeur Général, un Directeur Financier, 1 Directeur Technique, 1 Directeur de Production, 2 Chefs de cultures, 1 Responsable informaticien et 1 Directeur de la sécurité. Les vols de récolte, en particulier de maïs, ont en effet était un fléau dans le passé sur cette exploitation. De nombreux cadres intermédiaires sont également employés pour le rafinage du jatropha, l'entretien du matériel agricole et d'irrigation, l'administration et la commercialisation, avec des salaires atteignant 3 800 $/mois pour certains d'entre eux. L'exploitation emploie 520 salariés permanents et 2 000 journaliers, payés 3,2 $/jour, en particulier pour récolter les graines de jatropha.

Les agriculteurs en Zambie ont récolté au cours des douze derniers mois, 2,8 millions de tonnes de maïs, soit un million de tonnes de plus que l'année précédente. L'Agence zambienne des réserves alimentaires (FRA) a achété 697 000 t à un prix fixe de 186 €/t. Le solde est soit auto-consommé soit exporté vers les pays de la sous-région, à savoir la Namibie, le Zimbabwe et la RDC. Les grandes entreprises, comme ETC BIO ENERGIE vendent également en direct à l'exportation.

                                                                                                                                                                   F. Grandry

 

 

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