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Cultures maraichères - Agronomie

 

L'outil de production

 

La performance de l'outil de production, conditionne en grande partie la rentabilité de l'entreprise. La maitrise du climat et de l'irrigation détermine le potentiel de rendement de la culture et influe grandement sur la qualité du produit commercialisé. En culture sous abris canariens, un microclimat favorable au développement des plantes est obtenu par le choix de la hauteur des structures, des matériaux de couverture, de la densité de plantation et d'un éventuel dispositif de brumisation. En culture de plein champ, ce même microclimat ne peut-être obtenue que par l'association des cultures maraichères à une strate arborée à l'exemple des palmeraies du sahara.

 

- Le choix du site

Le choix du site aura une incidence très marquée sur la rentabilité de l'exploitation. Le climat est un critère déterminant. Plus l'on s'éloigne de la mer et de l'embouchure du fleuve, plus le climat est chaud et sec. Ce facteur est limitant pour les plantations précoces de septembre et les récoltes tardives en avril et mai et a une influence tout au long du cycle sur la qualité et le rendement de la production. Les bassins de production de tomate d'industrie ou de coton et la proximité de cultures légumières de plein champ tels que le gombo et l'aubergine sont à proscrire. La prolifération d'insectes vecteurs de virus associés à ces cultures est un risque majeur pour de nombreuses cultures maraichères.

Les sols du delta du S√©n√©gal sont constitu√©s de bas fonds plus ou moins argileux et le plus souvent sal√©s recouverts par endroit de sables √©oliens. Seuls ces derniers conviennent aux cultures sous abris et au haricot vert. Les sols l√©g√®rement argileux sont pr√©f√©rables pour le melon et le ma√Įs doux, √† condition qu'ils ne soient pas sal√©s. Enfin, un terrain peu accident√© limite les frais de planage ou √©vite l'emploie de mat√©riel d'irrigation sophistiqu√© et assure un climat plus homog√®ne √† l'int√©rieur des serres.

Pour plus d'informations sur les différents sites de la région de Saint Louis, le climat et l'environnement social et économique, consulter la rubrique "La Région de Saint Louis".

 

- Aménagement du terrain en cultures sous abris

Le schéma d'aménagement présenté ci-après pour un site de production d'environ 50 ha est une synthèse d'un ensemble de contraintes technico-économique visant à obtenir un outil rationnel et donc compétitif. Il peut servir de base de réflexion pour l'aménagement d'exploitations d'une surface de 10 ha à plusieurs centaines d'hectares.

Les lignes de culture sont orientées nord sud afin que les plantes bénéficient au cours de la journée d'un ensoleillement sur les 2 faces. La longueur optimum pour faciliter la récolte et les traitements phytosanitaire est de 100 m à 150 m avec une allée centrale de 4 m de large et 100 à 200 m de long. Ici elle est de 150 m pour une serre de 1,5 ha.

Un bloc est une unité de production constitué de plusieurs serres généralement non cloisonnées. Pour la tomate cerise, un bloc de 12 ha nécessite environ 250 ouvriers, effectif maximum pouvant être encadré convenablement par un responsable du personnel (coordinateur). Quelque soit la culture c'est également une surface suffisante pour le technicien chargé du suivi agronomique. Dans notre exemple, les serres sont organisées autour d'une allée centrale de 7 m de large. Un sas permet de faire entrer des camions d'une capacité de 3 à 5 tonnes pour la livraison des caisses vides et l'évacuation des récoltes. Chaque bloc est équipé d'un magasin pour le petit matériel (échasses, houes...), d'un quai de chargement en position centrale et de sanitaires.

Au Maroc, un chef de culture g√®re g√©n√©ralement une ferme de 15 √† 25 ha. Dans notre exemple, une ferme est constitu√©e de 2 blocs de 12 ha soit 24 ha. Les b√Ętiments de ferme sont implant√©s au centre de la ferme et organis√©s en une unit√© compacte afin d'en rationaliser la gestion. Ici, un b√Ętiment √©quip√© d'un quai pour les camions et d'une rampe d'acc√®s pour les tracteurs permet de stocker tous les intrants et fournitures. Il re√ßoit √©galement la station de fertilisation et le poste fixe pour les traitements phytosanitaires. Le poste fixe est une installation compos√©e de 2 cuves de 2000 l, d'une pompe √† membranes, d'un r√©seau de canalisation Pe 80 bars en circuit ferm√© et de 3 vannes 1/2" par serre. Cet √©quipement permet l'installation de lances de traitement √©quip√©es de 100 m de tuyau au niveau de chaque serre.

Un autre b√Ętiment est d√©di√© √† la gestion de la ferme et aux op√©rations culturales et comprend un bureau pour le pointeur / magasinier et un autre pour le chef de culture, un magasin pour le petit mat√©riel, un atelier et un vestiaire pour les op√©rateurs phytosanitaires. Une plate forme ciment√©e surmont√©e d'une potence permet √©galement le remplissage et le rin√ßage d'une citerne pour les traitements phytosanitaires localis√©s. Pour r√©pondre √† la norme GlobalG.A.P., cette plate forme, la station de ferti-irrigation, le poste fixe et le magasin phytosanitaire sont tous reli√©s √† une fosse de r√©tention des eaux de lavage et de rin√ßage. Les traitements phytosanitaires sont r√©alis√©s avec de l'eau potable.

 

Figure 1 : Sch√©ma type des b√Ętiments de ferme

 

Ici, les blocs de serres sont organis√©s le long d'une all√©e centrale de 6 √† 7 m de large orient√©e Est/Ouest sur laquelle donne les sas d'entr√© de bloc et les quais de r√©ception des intrants pour chaque ferme. A l'une des extr√©mit√©s du site sont regroup√© le bassin, les b√Ętiments administratifs et techniques, la p√©pini√®re, une serre d'essais, la composti√®re et le secteur des ouvriers log√©s sur le site. Cette organisation vise √† limiter au strict n√©cessaire les pistes, les conduites d'irrigation et les lignes √©lectriques. Elle a √©galement pour objectif de limiter le d√©placement du personnel source de perte de productivit√© et d'augmentation des frais g√©n√©raux.

Il est fortement recommand√© de prot√©ger le site du vent et des insectes et champignons qu'il v√©hicule par une haie de 8 √† 10 m de large en bordure de cl√īture qui peut-√™tre compos√©e de leucaenas, de filaos, de neems (azadirachta indica)... Le prosopis et l'eucalyptus sont √† √©viter car le premier est propice au d√©veloppement des n√©matodes et le second d√©veloppe un syst√®me racinaire tra√ßant tr√®s concurrentiel pour les cultures voisines. De m√™me certaines esp√®ces d'arbuste sont des r√©servoirs √† ravageurs comme le thrips. Dans l'optique d'une production en lutte int√©gr√©e, il est souhaitable d'implanter un milieu favorable aux auxiliaires, compos√© de haies composites et de bandes enherb√©es. Le choix des esp√©ces n√©cessite une √©tude pr√©alable.

Le site est également équipé d'un minimum d'infrastructure à savoir un branchement au réseau électrique ou à défaut alimenté par un groupe électrogène, une citerne à gasoil d'un chateau d'eau pour l'eau potable et si possible une liaison téléphonique. Il peut également être nécessaire d'aménager les pistes pour l'évacuation des récoltes.

 

Figure 2 : Schéma type d'une exploitation de 48 ha de serres
Schéma type d'une exploitation de 48 ha de serres

 

Le planage des parcelles avant la construction des abris est fortement recommand√©. Le bois √©tant rare au S√©n√©gal, les abris sont de type canarien m√©tallique de 5 ou 6 m de haut. Plus la hauteur des serres est importante, plus le volume d'air s'oppose aux variations climatiques et meilleure est le climat pour les plantes. D'autre part les vari√©t√©s r√©centes les plus productives pr√©sentent des entrenoeuds long. Elles n√©cessitent un palissage √† une hauteur de 3,20 √† 3,50 m. Aussi la tendance est d'accro√ģtre la hauteur des serres. Elle est pass√©e de 4 m dans les ann√©es 80 √† 5 m dans les ann√©es 90. En Espagne et au Maroc, quelques producteurs optent aujourd'hui pour des serres de 6 m de haut.

La largeur des chapelles d'une serre d√©pend de l'implantation choisie pour la culture (voir chapitre Implantation de la culture). La largeur des trav√©es d√©pend du type de fil d'acier galvanis√© utilis√© pour le palissage, soit 2,5 √† 3 m pour du n¬į 17 et 4 m pour du n¬į18.

La toiture plate, sans goutti√®res, est constitu√©e d'un filet d√©roul√© entre 2 maillages de 50 cm x 50 cm en fil d'acier galvanis√© n¬į16. Le filet 20x10 assure √† la fois une protection contre la mouche blanche et le vent, important dans cette r√©gion √† certaines p√©riodes, et l'obtention d'un climat humide favorable au d√©veloppement des cultures. L'insolation intense de cette r√©gion, limite la dur√©e de vie des filets de bonne qualit√© √† environ 3 ann√©es, au lieu de 5 au Maroc.

 

- Aménagement du terrain en cultures de plein champ

L'am√©nagement du terrain en cultures de plein champ vise √† cr√©er un √©cosyst√©me favorable afin d'intervenir sur les principaux facteurs limitant la production, √† savoir une hygrom√©trie insuffisante de novembre √† avril, des temp√©ratures √©lev√©es de mai √† octobre et la pr√©sence fr√©quente d'harmattan, un vent chaud, sec, charg√© de sable et propice √† la diss√©mination des insectes. L'am√©nagement doit donc essentiellement viser √† lutter contre l'aridit√©. Comme de montre les travaux de G. Toutain r√©alis√©s dans les ann√©es 60 et 70 dans les palmeraies au sud du Maroc, il convient de reconstituer un microclimat de type oasien. Une palmeraie fluide, constitu√©e d'une centaine d'arbres √† l'hectare forme un bloc d'autant plus imperm√©able que les cultures se trouvent situ√©es au coeur d'une oasis de grande dimension et que la zone marginale de la palmeraie est entour√©e de brise-vents. Tout brise-vent interm√©diaire r√©parti au niveau des parcelles cultiv√©es est un bon renforcement de la protection. En partant de ce principe, le PRDZP, projet de la Coop√©ration Fran√ßaise et du CNRADA men√© dans les ann√©es 90 √† Kouroudjel dans la r√©gion de Kiffa en Mauritanie a montr√© qu'il √©tait possible d'y cultiver des l√©gumes toutes l'ann√©e tels que carottes, tomates, patate douce... Alors que la temp√©rature atteint 44 ¬įC √† l'ext√©rieur pour une hygrom√©trie inf√©rieure √† 5 %, la temp√©rature a l'int√©rieur de la palmeraie d√©passe rarement 35 ¬įC, avec un hygrom√©trie minimum de 40 %.

L'am√©nagement propos√© ci-dessous est constitu√© de bandes cultiv√©es de 12 m de large orient√©es nord / sud, correspondant √† la largeur de la rampe de traitement, intercal√©es de bandes de palmiers dattiers de 1,5 m de large. Des brise-vents constitu√©s de bambous sont plant√©s entre les palmiers, distants de 8 m. L'exploitation est bord√©e de brise-vents constitu√©s de 3 rangs de neems (azadirachta indica), plant√©s √† un √©cartement de 3 m, bord√©s √† l'ext√©rieur d'une cl√īture v√©g√©tale constitu√©e de 2 rangs d'acacias s√©n√©galensis bord√©s d'une ligne dense d'euphorbes. Une bande enherb√©e (gramin√©es) √† la p√©riph√®rie de l'exploitation, dans le sens nord / sud et en fourri√®res, de respectivement 4 et 9 m de large, permet le passage des tracteurs et assure un biotope pour les auxiliaires et contribue √† limiter la poussi√®re et √† am√©liorer le climat. Les arbres et les bandes enherb√©es sont arros√©s par goutte √† goutte et par micro-aspersion √† l'aide d'un r√©seau sp√©cifique.

Diff√©rentes esp√®ces peuvent √™tre utilis√©es pour l'am√©nagement des exploitations. L'acacia albida (faidherbia albida) le seul arbre du sahel √† perdre ses feuilles en saison des pluies et √† reverdir pendant la saison s√®che peut remplacer le palmier. Le leucaena √† condition d'√™tre taill√© pour limiter son d√©veloppement en largeur, la canne d'Egypte, la canne √† sucre et le sorgho peuvent √©galement servir de brise-vents en remplacement du bambou. Ces deux derniers sont cependant d√©conseill√©s pour la culture du ma√Įs doux, car potentiellement porteur de virus transmissible √† cette culture. Le prosopis est √† proscrire car porteur de n√©matodes sur ces racines ainsi que l'eucalyptus dont le syst√®me racinaire entre en concurrence avec les cultures.

Selon les cultures, les bandes sont cultiv√©es en plein (ma√Įs doux, haricot vert) ou en planches de 1,70 ou 2,40 m de large (oignon, melon). La seule pr√©caution √† prendre concerne les herbicides d√©foliant. A l'√Ęge adulte, les palmiers assurent un recouvrement de 50 % permettant une r√©duction de l'√©vapotranspiration d'environ 30 %.

 

Figure 3 : Schéma type d'un aménagement en cultures de plein champ

 

- Réseau d'irrigation

La conception d'un réseau d'irrigation dépend des spécificités techniques des rampes utilisées. Dans l'exemple ci-dessous, il s'agit d'une gaine souple nécessitant une pression de service de 0,6 bar, soit une Hauteur manométrie (Hmt) de 6 m. Le réseau est dimensionné en partant de la rampe la plus éloignée du bloc et en remontant vers la pompe de reprise. Les pertes de charges sont calculées à partir d'un logiciel informatique ou d'un abaque en fonction du débit et du diamètre intérieur de chaque canalisation.

 

Figure 4 : Schéma type d'un réseau d'irrigation pour 12 ha de tomate sous abris
Schéma type d'un réseau d'irrigation

 

Plus le débit des goutteurs est faible, plus le temps d'irrigation est long et plus le bulbe humide est large et le risque de percolation en profondeur limité. Plus le nombre de goutteurs par mètre linéaire de culture est important, plus l'apport d'eau est homogéne au niveau de la couche de terre exploitée par les racines. L'optimum technique et économique en sol sableux est d'environ 1 goutteur tous les 20 cm pour du goutteur en ligne ou 1 goutteur au pied de chaque plante pour goutteur en dérivé. Le choix du type de rampe dépend des critères suivants :

- En terrain horizontal, la gaine souple bas d√©bit (0,25 √† 0,8 l/h) avec un √©cartement de 20 cm entre goutteurs en sol sableux est un choix judicieux. Le faible d√©bit de ces goutteurs permet de limiter les pertes par drainage. De plus cette solution est la plus √©conomique en terme d'investissement, gr√Ęce √† des diam√®tres de canalisation r√©duite, et en consommation d'√©nergie. La pression de service est faible, le plus souvent entre 0,4 et 0,7 bar. Chaque parcelle est √©quip√©e d'un r√©gulateur de pression. Il est √©galement possible d'utiliser des goutteurs en ligne standard de 1 l/h sous 1 bar de pression. Pour les cultures plant√©es sur billons, il est pr√©f√©rable d'utiliser 2 lignes avec un √©cartement de 30 cm.

- En terrain présentant une dénivelée inférieure à 1 m
au niveau d'une serre, seul le goutteur en ligne ou en dérivé autorégulant et antividange permet une irrigation uniforme. La pression de service de ces goutteurs est comprise entre 1 et 1,5 bar.

- En terrain présentant une dénivelée supérieure à 1 m il convient de raccourcir les rampes en augmentant le nombre de porte rampes et d'électrovannes ou d'utiliser du goutteur en dérivé autorégulant et antividange adapté à cette situation topographique particulière. Il convient de faire appelle à une société spécialisée en irrigation pour définir le type d'installation qui convient.

Les gaines souples sont g√©n√©ralement chang√©es chaque ann√©e alors que les rampes de goutteurs en ligne ou en d√©riv√©s peuvent servir pendant au moins 5 campagnes √† condition d'en prendre soin. Il convient d'effectuer une purge des rampes toutes les 2 √† 4 semaines et d'injecter en fin de campagne de l'acide et de la javel dans le r√©seau. Le risque d'entailler les lignes de goutteurs lors du per√ßage du paillage est limit√© en les pla√ßant sur les c√īt√©s du billon ou en positionnant une ficelle avant la pose du paillage. Apr√®s per√ßage, la ficelle est utilis√©e pour tirer les gaines sous le paillage. Il est √©galement possible d'utiliser du paillage pr√©-perc√© ou d'utiliser des rampes de goutteurs en d√©riv√©s pos√©es sur le paillage plastique.

L'ETP dans la région de St. Louis sous abris bien protégé peut atteindre 10 mm/jour en période d'Harmattan entre mars et mai. Un réseau d'irrigation bien conçu permet un apport de 100 m3/ha en 10 heures d'irrigation. Pour ne pas éclater les fruits, pour la tomate, l'irrigation débute environ 1 h 30 à 2 h après le levé du soleil et se termine 2 h avant le coucher. Le besoin de la plante au cours de la journée étant proportionnel au Rayonnement Global (R.G.), le débit instantané doit être plus élevé entre 10 h et 15 h. Les portes rampes sont de préférences installées en aérien à la hauteur du palissage, ce qui évite d'avoir à les déplacer lors du travail du sol. En plein champ, l'ETP peut atteindre 12 mm/jour en période d'Harmattan. Le réseau doit permettre un apport de 120 m3/ha en 12 heures d'irrigation.

Dans notre exemple, l'irrigation de chaque bloc de 12 ha, équipé de 4 000 m de gaine / ha avec des goutteurs de 0,5 l/h tous les 20 cm nécessite :
- une pompe de 120 m3/h à une hauteur manométrique (Hmt) de 20 à 25 m (soit 2 à 2,5 bars), installée au bord du bassin ;
- une station de filtration comprenant 4 filtres √† gravier de ‚ąÖ 48" ;
- une canalisation de 200 √† 500 m de long en PVC PN 4 de ‚ąÖ 200 mm ;

Les filtres √† gravier de ‚ąÖ 48", soit environ 2 m3 de capacit√©, sont donn√©s par les fabricants pour un d√©bit maximum de 80 m3/h. Pour les eaux parfois tr√®s charg√©s en limon du fleuve S√©n√©gal, il convient de ne pas d√©passer un d√©bit de 40 m3/h par filtre.

Elle peut-√™tre construite comme dans notre exemple au centre de la ferme ou √† proximit√© du bassin. Elle est con√ßue de fa√ßon √† limiter la surface b√Ętie et faciliter la manipulation des engrais et des acides. Comme cela se pratique en Europe, les bacs d'engrais sont enterr√©s, dans une fosse √©tanche pour r√©pondre √† la norme EurepGAP (b√Ęche plastique). Aucune prise n'est r√©alis√©e en fond de cuve. L'aspiration plonge dans la cuve au travers d'un tube PVC de gros diam√®tre qui fait office de cr√©pine (risque de bouchage des filtres et pompes doseuses fortement diminu√©e). L'agitation n√©cessaire √† la pr√©paration des solutions se fait √† l'aide d'une h√©lice mont√© sur un moteur √©lectrique ou mieux d'une soufflerie. Les bacs A sont s√©par√©s des bacs B et les engrais correspondant sont stock√©s en vis-√†-vis des cuves. Une zone de stockage de 5 r√©f√©rences d'engrais sur 2 palettes convient pour la plupart des fermes d'environ 20 ha.

Un jeu de cuve par bloc de serres peut-être suffisant, surtout si la station est conçue pour 2 blocs recevant la même culture. Si les solutions mères sont différentes pour les 2 blocs, par exemple en début de cycle, les bacs sont remplis sans attendre qu'ils soient complètement vident. Le tableau suivant donne une indication du volume des bacs permettant une fertilisation de 2 à 3 jours.

 

Tableau 1 : Volume des cuves de fertilisation en fonction des cultures et de la surface
  Tomate, Poivron, courgette Haricot paliss√© Cultures de plein champ
EC (mS/cm)
2
1,8
1,2
Irrigation moyenne en m3 / ha / jour
30
20
30
Quantité engrais en kg / jour
50
30
30
Volume solution mère à 20 % en l / jour
250
150
150
Volume des cuves en l : 1 √† 5 ha
2000
1000
1000
Volume des cuves en l : 5 √† 10 ha
4000
2000
2000
Volume des cuves en l : 10 à 15 ha
6000
4000
4000

 

La pompe de reprise et le kit d'injection sont commandés par un programmateur équipé d'une temporisation. Il est éventuellement connecté à un ordinateur déclanchant les arrosages en fonctions du Rayonnement global transmis par un pyranomètre. Différents kits d'injection existent sur le marché, à savoir parmi les plus utilisés, du plus rudimentaire au plus sophistiqué :
- Injecteur d'engrais en dérivation sur le primaire équipé d'une vanne de perte de charge ;
- Venturis en dérivation sur le primaire alimenté par une pompe d'injection ;
- Pompe doseuse à débit variable ;
Quelque soit le syst√®me adopt√©, l'√©lectroconductivit√© (EC) et l'acidit√© (pH) de la solution sont r√©gl√©s √† l'aide d'un EC et pH-m√®tre portatif qu'il convient d'√©talonner au moins une fois par mois. Le pr√©l√®vement se fait sur une vannette plac√©e apr√®s l'injection. Un contr√īle quotidien du volume, EC et pH se fait √©galement au niveau de chaque serre. A cet effet, un pot de 5 l est plac√© sous un goutteur.

Pour de la gaine bas d√©bit, une filtration √† 80 ¬Ķ est n√©cessaire apr√®s l'injection d'engrais. Pour les goutteurs √† d√©bit plus √©lev√©, la filtration est g√©n√©ralement comprise entre 100 et 120 ¬Ķ.

Pour les abris, il est fortement conseill√© d'installer une aspersion fixe sur toiture afin de ne pas laver manuellement les filets en montant sur les toitures ce qui aurait pour cons√©quence de d√©chirer les filets. L'aspersion est compos√©es de lignes en poly√©thyl√©ne ‚ąÖ 50 mm de 6 sprinklers avec une implantation de 18 m x 18 m. La pression de service en t√™te des rampes est de 4,5 bars pour des asperseurs √©quip√©s d'une seule buse de ‚ąÖ 4,36 mm d'un d√©bit de 1,7 m3/h, soit une pluviom√©trie de 3 mm/h. Le r√©seau est branch√© sur la pompe servant √† la brumisation.

Pour les abris, une bonne installation permet un gain de 10 √† 15 % d'hygrom√©trie et un abaissement de la temp√©rature de 2 √† 5 ¬įC par rapport √† une serre sans brumisation. Ceci peut-√™tre obtenu par une densit√© de 1 666 brumisateurs / ha d'un d√©bit de 30 l/h √©quip√© de 4 t√™tes. Pour ne pas mouiller les plantes, les rampes sont install√©es le plus haut possible √† l'aplomb des passe-pieds. Cela permet de climatiser la totalit√© du volume de la serre. L'air frais, plus lourd que l'air chaud, descend au niveau des passe-pieds jusqu'au pied des plantes. Les brumisateurs n√©cessitent une pression de fonctionnement comprise entre 3 et 4 bars selon les models. Les temps de brumisation √©tant de 5 √† 10" par cycle, ils sont obligatoirement √©quip√©s de clapets anti-goutte pour maintenir en permanence le r√©seau sous pression.

Le réseau peut-être calibré pour une brumisation de 5" toutes les 2 mn. Dans notre exemple, une serre de 12 ha est divisée en 24 secteurs alimentés par une pompe de 30 m3/h pour une Hmt de 50 à 60 m en fonction des pertes de charges sur le réseau. Il est également souhaitable de disposer de 2 lignes de brumisation, de part et d'autre des parois du bloc. Commandées manuellement elles permettent de laver les filets et d'assurer une humidification de l'air en période venté (harmattan). Le bon fonctionnement du réseau ne tolère aucune fuite au niveau des canalisations comme des brumisateurs.

Un réseau de brumisation peut éventuellement être utilisé pour l'application de certains produits phytosanitaires, en particulier pour les traitements insecticides réalisés avant la plantation et pour l'application des produits systémiques. Le temps de brumisation pour l'application du produit est alors de l'ordre de 90" par secteur pour une bouillie de 1 000 l/ha. Il convient de prendre en considération le volume des conduites et de faire un test de l'installation avec un marqueur pour connaitre les temps de mise en service entre le point d'injection et chaque secteur de brumisation. Après l'application, le réseau est rincé puis utilisé comme brumisation classique pendant au moins 1 heure et tant qu'une odeur de produit subsiste. L'introduction du personnel dans les serres traitées doit respecter le délai minimum indiqué sur l'étiquette du produit. L'efficacité des produits de contact appliqué par brumisation est généralement insuffisante sauf à utiliser une installation plus sophistiquée avec une conduite d'air sous pression comme cela ce pratique parfois en Espagne.

Pour une exploitation de 48 ha, situ√©e √† 2 km de la station de pompage, la station de t√™te comprend :
- une pompe de 200 √† 250 m3/h √† une hauteur manom√®trique (Hmt) de 20 m, install√©e au bord d'un bras du fleuve S√©n√©gal ;
- une canalisation en PVC PN 4 de ‚ąÖ 250 mm ;
- un bassin sur le site de production de 5 à 10 000 m3 ;

Le bassin alimenté en eau au besoin, 24 h / 24 h si nécessaire, assure une autonomie de la ferme de 1 ou 3 jours en cas de panne. Il permet également de décanter l'eau plus ou moins chargée en sables et limons selon les périodes de l'année. Il est recommandé de le couvrir d'une toile noire tissée tendue au sol sur un maillage de fil de fer pour éviter le développement des algues.

Le ch√Ęteau d'eau est une construction en b√©ton plac√©e sur un point haut, compos√© d'un r√©servoir de 5 √† 10 m3 dont la base est √† environ 5 m du sol. L'injection de chlore est r√©alis√©e √† l'aide d'un injecteur de type venturi et d'un jeu de vannes. Le produit commercial (voir "D√©fense des cultures, Tableau 4 : Produits de d√©sinfection"), homologu√© pour cet usage est dilu√© avec de l'eau dans un fut en plastique de 200 l. Une concentration de 25 √† 50 ppm de chlore actif est obtenue en r√©glant les vannes. La mesure est effectu√© √† l'aide d'un tester colorim√©trique tel que ceux utilis√©s pour les piscines.

 

Sommaire

 

Notes et Références

  1. CINADCO, Tomato production under protected conditions, Centre for International Agricultural D√©veloppement Cooperation, Omar Zeidan, Isra√ęl (2005)
  2. Eléments d'Agronomie Saharienne, George Toutain, France (1977)

 

Liens externes

  1. IRRIFRANCE, Fabriquant de matériel d'irrigation
  2. NETAFIM, Fabriquant de matériel d'irrigation
  3. T-Tape, Fabriquant de matériel d'irrigation

 

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